Fonti
Bibliografia, risorse on e off-line.

Download
Scarica il testo del saggio in formato PDF visualizzabile con Acrobat reader

 
Michel Vovelle
Que reste-t-il de la Révolution Française?

Causes exogènes?

La plus évidente, d’entrée, s’inscrit dans les avatars de l’idée et de l’espoir révolutionnaire durant ces décennies en Occident. Il n’y avait été caressé durant les années de la résistance française que par quelques groupes et individualités communistes (C. Tillon) désavoués par le parti dans le cadre de la stratégie globale de l’Urss, mais ce renoncement qui se fit (relativement) en douceur en France, dans la violence et l’amertume ailleurs, ainsi en Grèce, nous laisse chez ceux qui rêvent d’une subversion violente, à la recherche d’une Révolution. Stabilisée, mais encore puissante, la référence du pays de la Révolution socialiste réalisée, gardant un temps son pouvoir de séduction, l’image de l’Urss commence à se troubler à partir surtout de 1956 et du rapport Krouchtchev et à susciter plus d’interrogations et de trouble que d’attraction, jusqu’à l’implosion finale. Des substituts ont pris le relais, la Chine, Cuba, ou les guérillas de l’Amérique Latine avec la figure mythique de Che Guevara, mais l’échec de celles-ci illustre le repli de l’espoir du passage à l’acte qui trouve ses dernières expressions paroxystiques dans l’action des groupes terroristes en Allemagne ou en Italie – armée rouge ou brigades rouges.

Des flambées révolutionnaires, il y en eut dans ces années, mais l’image se trouble qui les situe dans les pays de l’Est, Hongrie, Allemagne, Tchécoslovaquie: la Révolution aurait-elle changé de camp? De même peut-on s’interroger, en Occident et en Amérique, sur la signification et la portée des mouvements de 1968.

Flambées révolutionnaires parties de la jeunesse, modérément relayées par la classe ouvrière, et rapidement closes sur un compromis, au demeurant appréciable, dans ses retombées sur les moeurs et les institutions, cette révolte de l’imagination au pouvoir, si nous l’envisageons au regard de l’héritage de la Révolution française, assume son originalité et ses limites. La référence aux grands souvenirs n’y manque pas, dans le gestuel, la symbolique et l’inflation des discours. Mais c’est une image modifiée de la Révolution française qui prévaut, ou plutot l’un de ses héritages, celui d’une démocratie directe dont les courants libertaires et anarchistes avaient jusqu’alors été porteurs. Et l’on a commenté, souvent avec ironie, la rentrée dans l’ordre d’une partie des cadres de la génération soixante-huitarde, et l’érosion rapide chez les nouveaux jeunes du souvenir de cet épisode.



   Pagina precedente         Inizio pagina         Pagina successiva